Les très riches heures de l'Essonne
- Du paléolithique aux basiliques
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L'occupation du territoire essonnien remonte au paléolithique supérieur. Du site magdalénien d'Etiolles aux maisons danibiennes du Cerny, en passant par le dolmen de Janville, les traces laissées par les premiers hommes sont nombreuses. Cette occupation précoce est certainement due à l'incomparable fertilité des terres de la beauce et de la brie.
Mises en cultures par les Celtes, civilisation rurale avancée, les riches terres essonniennes, évidemment convoitées, sont conquises par les Romains en 52 av. J.-C. L'occupation romaine, qui dure près de cinq siècles, s'avère très bénéfique.
En construisant les premières voies de communication, des ponts et des fermes, les Romains, après les Gaulois, contribuent à structurer un territoire désormais prospère. Pour un temps, ils apportent paix et stabilité.
A partir de la deuxième moitié du IIIème siècle, les grandes invasions mettent un terme à cette période heureuse. Les campagnes sont pillées et ruinées. Les populations se réfugient dans les rares villes fortifiées.

- Châteaux et donjons
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Dans cette atmosphère d'insécurité et de peur, les regards se tournent vers de grands évangélisateurs comme Saint Yon et Saint Sulpice (en souvenir duquel sera fondé le pélérinage de Saint-Sulpice-de-Favières). Le territoire essonnien devient terre d'évangélisation et le Christianisme fait ses premiers pas. Il prend véritablement son essor lors de la conversion de Clovis.
Des abbayes sont alors édifiées à Bruyères-le-Chatel et à Limours. Exemple symbolique : selon la légende, Dagobert est sacré roi au Château-Forêt près de Milly.
A l'époque carolingienne, le mouvement s'amplifie encore. Etampes, Corbeil, Dourdan, Arpajon et Montlhéry deviennent au Xè siècle des comtés. Mieux structurés, ces territoires doivent aussi être protégés.
Plusieurs châteaux forts et donjons sont édifiés sur la route de Paris à Orléans. Tandis que les Capétiens luttent pour asseoir leur autorité, des moines se regroupent pour bâtir des établissements monastiques.
On peut encore admirer d'importants chefs d'oeuvres de l'art romain et gothique, dont les plus notables sont la basilique de Longpont, édifiée à partir de 1031, et Saint-Sulpice-de-Favières, aux dimensions impressionnantes.
Dans le tumulte des affrontements pour le royaume de France, Philippe Auguste renforce les fortifications de Corbeil et d'Etampes, et ordonne la construction du château de Dourdan.

- De la peste noire au chemin de fer
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Durant près de deux siècles, les Comtés essonniens vont payer cher leur position géopolitique, proche de la Capitale du Royaume. C'est une terre ravagée que vont laisser la Peste Noire de 1348, la Guerre de Cent Ans, et encore les Guerres de Religion et la Fronde.
Les villages brûlent, les églises converties en places fortes sont détruites, la misère sévit dans les campagnes. Les armées anglaises, bourguignonnes, les troupes catholiques puis huguenotes se réfugient tour à tour dans les villes qui comme Dourdan, Etampes ou Corbeil, sont partiellement dévastées.
Les règnes de Louis XIII et de Louis XIV mettent un terme aux épisodes sombres qui ont secoué la région pendant des siècles. Les terres essonniennes vivent à présent à l'heure versaillaise. Les routes de Fontainebleau, Chambord et Orléans traversent le département. La Cour suit le roi. Elle profite pour élever ici et là de belles demeures où se retrouvent les célébrités littéraires (le château de Bâville à Saint-Chéron accueille Boileau, Racine et Madame de Sévigné). Le roi aime chasser en forêt de Sénart. Des chantiers de drainages, d'assèchement et d'entretiens des chemins sont entrepris.

- Révolutions
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A la fin du XVIIIème siècle, de nouveaux paysages apparaissent. La vogue est aux parcs et aux jardins imitant une nature "libre". Ces lieux mettent en valeur de petites constructions pittoresques appelées "fabriques", dont la plus célèbre est celle de Méréville. Dans les cafés parisiens, l'idée de Révolution fait son chemin. Le roi a convoqué les Etats Généraux. L'Essonne connait à nouveau la surpopulation et certaines catégories sociales s'appauvrissent. Le peuple, comme les nobles et le clergé, rédige ses Cahiers de Doléances et reste paradoxalement attaché à la Monarchie.
Après les bouleversements de 1789, l'une des premières lois révolutionnaires donne naissance aux départements. Le territoire essonnien se trouve rattaché au département de Seine et Oise. Versailles en devient le chef lieu. La Révolution, l'Empire puis la Restauration changent la physionomie politique du pays. Le cadre socio-économique, lui, ne s'est guère modifié.
La vie en Essonne au début du XIXème siècle reste profondément rurale. En 1840 tout change. L'arrivée du chemin de fer consacre la première Révolution Industrielle et bouleverse la donne territoriale.
Les lignes Corbeil-Paris (1840), Paris-Orléans (1843), et surtout Paris-Lyon-Marseille, modifient profondément l'environnement et les modes de vie. Les industries se multiplient le long de la Seine.

- Les temps modernes
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La défaite de 1870 vient gripper le rouage du progrès apporté par la révolution industrielle. Les Prussiens envahissent l'Essonne. Les combats font rage à Corbeil et Dannemois. D'autant qu'aux affres de la guerre suivent celles des réquisitions. La Belle Epoque est marquée en Essonne par une contestation sociale de grande ampleur. Le prolétariat s'organise. Les grandes grèves de Draveil, Vigneux ou Athis-Mons mobilisent des milliers d'ouvriers.
D'autres manifestations ont lieu, moins contestataires. L'heure est au rêve d'Icare. En Essonne, on croit dans l'avenir de l'aviation. Des aérodromes apparaissent ici et là, comme ceux de Viry-Chatillon et Etampes-Mondésir, rassemblant toujours plus d'amateurs et de curieux. Le XXème siècle est pour l'Essonne, celui de l'affirmation, du développement et du dynamisme. Et ce, malgré deux conflits mondiaux. Alors que la Grande Guerre ampute le département d'une classe d'âge jeune et dynamique, le deuxième conflit mondial le place une nouvelle fois au coeur de la tourmente.

- Naissance de l'Essonne
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Les conséquences de l'exode, des bombardements et de l'occupation allemande sont lourdes pour l'Essonne. Mais le dynamisme déjà présent dans les nombreux mouvements de résistance essonniens, va s'exprimer avec vigueur dans l'après-guerre.
Dans les années 60, le temps s'accélère. Les zones pavillonnaires et les équipements publics apparus dans l'Entre-Deux-Guerres se multiplient. L'heure est à l'explosion urbaine et à la naissance de grands ensembles comme ceux de Massy et Grigny et des villes nouvelles comme Evry.
Devant une telle pression démographique, et pour faciliter l'organisation du territoire, le département de Seine-et-Oise disparait le 10 juillet 1964. Il donne naissance au département que nous connaissont aujourd'hui. Un territoire qui va connaitre en trois décennies la plus forte progression de population d'Ile-de-France, pour atteindre 1,134 million d'habitants lors du recensement de 1999.
Au fil des années, le nouveau visage de l'Essonne se dessine : les industries de pointe s'installent, les universités de renom s'implantent, les laboratoires se développent. Une évolution qui lui vaut aujourd'hui d'être le premier département français en matière d'innovation technologique et le second pour la recherche scientifique.
Un périple dans le temps grâce au concours des Archives départementales de Chamarande
Renseignements : 01 69 27 14 14
Sources : Magazine de l'Essonne n° 68 de décembre 2005, n° 69 de janvier 2006 et n° 70 de février 2006.
L'époque médiévale :
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Témoins de ce temps révolu, le chateau de Philippe Auguste à Dourdan, l'une des plus belles forteresses de plaine à Farcheville... mais aussi les églises de
St-Sulpice de Favières, St Martin d'Etampes, la chapelle St-Blaise des Simples à Milly la
Forêt (décorée par Cocteau), la basilique Notre Dame de Longpont sur Orge, les Halles en
bois d'Arpajon, Milly la Forêt et Méréville.
On y trouve également les chateaux de Chamarande, Courances, Courson, Le Marais, le Saussay,
St-Jean de Beauregard, Villeconin, la Tour de Montlhéry...
Le Hurepoix fut, entre le VIIIe et le IXe siècle, une région défrichée, peuplée de seigneurs turbulents (Montfort-l'Amaury, Rochefort-en-Yvelines, Montlhéry, etc.), vassaux des ducs-rois de
France, et fut soumis vers le XIIème siècle, après maintes guerres féodales.
L'écologie au 19ème siècle :
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On parle d'écologie et de transports en commun. Mais savez-vous qu'il existait un tramway entre Arpajon et Paris ?
En effet, c'est pour faciliter l'approvisionnement des Halles de Paris en productions maraichères et pour favoriser le transport des voyageurs que fut créée la ligne de tramway entre Paris et Arpajon, le long de la route nationale 20.
L'ouverture se fit par sections entre le 27 avril 1893 et le 1er mai 1894. L'exploitation de la ligne cessa en 1936.
Quelques vestiges du tracé demeurent, notamment les gares de Wissous, Longjumeau, Saulx-les-Chartreux et Arpajon.
L'écologie au 20ème siècle :
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Depuis quelques semaines, on nous parle de possibles nuisances sonores, avec un couloir aérien destiné à Roissy, qui viendrait perturber notre calme région.
Mais savez-vous que Brétigny-sur-Orge, une des capitales de l'aéronautique française, a accueilli le Centre d'Essais en Vol, en 1945.
Savez-vous que Jacqueline Auriol franchit le mur du son à Brétigny-sur-Orge, le 15 aout 1953, à bord de son Mystère II.
Savez-vous que le CEV employait plusieurs centaines de personnes, et faisait vivre plusieurs milliers de personnes ? employait car le CEV a été délocalisé en province.
Alors, après avoir perdu un réservoir d'emplois, et la contrainte de ses avions militaires en essais à quelques centaines de mètres d'altitude, on réagit au futur passage d'avions civils, à des altitudes entre 2000 et 3000 mètres d'altitude.
Pour info, le survol de Paris (par les avions civils) se fait à 2000 mètres...
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